Depuis le 1er janvier 2026, les règles de la pêche de loisir en mer ont changé pour des millions de Français qui pratiquent cette activité en amateur, du particulier venu passer une semaine sur la côte au pêcheur régulier equipé de sa propre embarcation. Décidés par les ministres européens de la pêche en décembre 2025, les nouveaux quotas de captures redessinent la saison, avec des règles différentes selon que l’on pêche au nord ou au sud du 48e parallèle, et une préoccupation croissante autour du maquereau.
Des quotas revus à la hausse pour le bar et le lieu jaune
Le bar, poisson emblématique de la pêche récréative sur la façade atlantique, bénéficie d’une augmentation de 48 % des possibilités de capture par rapport à 2025, après une demande initiale plus ambitieuse ramenée à ce niveau pour préserver la ressource. Concrètement, la France est désormais coupée en deux zones :
- Au nord du 48e parallèle (Bretagne nord et façade Manche-Atlantique) : 3 bars et 3 lieus jaunes par pêcheur et par jour, avec un repos biologique du bar en pêche-relâcher uniquement de février à mars ;
- Au sud du 48e parallèle : 2 bars et 2 lieus jaunes par jour, le bar restant capturable toute l’année, dans la limite d’un plafond global de 3 883 tonnes partagé avec l’Espagne ;
- La taille minimale de capture reste fixée à 42 cm pour le bar comme pour le lieu jaune.
Ce zonage, une nouveauté pour 2026, vise à mieux coller à la répartition réelle des stocks le long des côtes françaises plutôt que d’appliquer une règle unique nationale.
Le maquereau, principal point de vigilance
Si le bar et le lieu jaune donnent un peu d’air aux pêcheurs, le maquereau connaît la trajectoire inverse. Le Conseil des ministres européens a validé une baisse de 70 % des captures par rapport à 2025 pour la pêche professionnelle, un ajustement qui reflète un état préoccupant du stock atlantique. Aucun quota chiffré n’encadre pour l’instant spécifiquement la pêche récréative de cette espèce, mais la tendance générale invite les pêcheurs amateurs à la prudence sur les prélèvements.
Sur le plan diplomatique, la France a par ailleurs obtenu la suppression des « préférences de La Haye », un mécanisme d’attribution des quotas de maquereau en vigueur depuis 1976, ce qui garantit une répartition jugée plus équitable entre États membres. La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, a salué un accord qui « préserve l’avenir de la pêche dans le respect des avis scientifiques ».
Un suivi renforcé pour certaines espèces
Autre changement pour 2026 : plusieurs espèces dites « sensibles » font désormais l’objet d’un enregistrement et d’une déclaration des captures, y compris côté loisir. Cette traçabilité accrue doit permettre aux scientifiques d’ajuster plus finement les futurs quotas, dans un contexte où la pression sur certains stocks reste forte malgré des signaux positifs comme celui du bar.
Pour les nombreux amateurs de séjours en bord de mer, ces nouvelles règles impliquent de vérifier sa zone de pêche avant de partir, un point souvent négligé par les vacanciers occasionnels qui découvrent la réglementation sur place. Elles s’inscrivent aussi dans une logique plus large de gestion durable des ressources marines, un sujet suivi de près par les fédérations de pêcheurs comme par les pouvoirs publics.
Ce qu’il faut retenir avant de partir pêcher
Concrètement, mieux vaut anticiper : connaître sa zone (nord ou sud du 48e parallèle), respecter les tailles minimales, et se tenir informé des périodes de repos biologique. Ces précautions simples, qui relèvent aussi du bon sens pratique du quotidien, évitent les mauvaises surprises et contribuent, à l’échelle de chacun, à la préservation des stocks pour les saisons à venir.
Questions fréquentes
Où se situe la limite entre les deux zones de pêche du bar et du lieu jaune ?
Le 48e parallèle nord traverse la France d’ouest en est en passant par le nord de la Bretagne ; il sépare les zones nord et sud aux quotas distincts pour ces deux espèces.
Un pêcheur amateur doit-il déclarer ses prises de maquereau en 2026 ?
Aucun quota chiffré spécifique n’encadre à ce jour la pêche récréative du maquereau, mais le suivi renforcé mis en place pour plusieurs espèces sensibles invite à la vigilance sur les prélèvements.
La taille minimale du bar a-t-elle changé en 2026 ?
Non, elle reste fixée à 42 cm, comme pour le lieu jaune, malgré la révision à la hausse des quotas de capture.