Un robot humanoïde Calvin qui porte des pneus sur une chaîne de montage automobile : la scène, longtemps réservée aux salons de robotique, est devenue une réalité dans le nord de la France. Conçu par la deeptech française Wandercraft, ce robot travaille déjà à l’usine Renault de Douai et incarne l’ambition européenne de rattraper les États-Unis et la Chine sur le terrain des humanoïdes industriels.
Un robot né des exosquelettes médicaux
Wandercraft n’est pas une inconnue. La société parisienne s’est d’abord fait un nom en concevant des exosquelettes capables de faire remarcher des personnes paralysées. C’est ce savoir-faire dans l’équilibre et la marche dynamique qui a donné naissance à Calvin, un humanoïde pensé pour l’atelier plutôt que pour la démonstration.
Le modèle déployé, Calvin-40, affiche une charge utile de 40 kilos et assume un choix de conception surprenant : il est « sans tête ». Toute l’ingénierie est concentrée sur les bras, les jambes et la perception de l’environnement. Grâce à ce que les spécialistes appellent l’IA physique, un domaine en plein essor de l’informatique et de la high-tech, le robot sent son environnement et s’y adapte en temps réel.
À Douai, un poste pénible confié à la machine
Sur le site de Douai, dédié aux véhicules électriques comme la Scénic et la R5, Calvin occupe un poste précis et volontairement ingrat : la manutention de pneus de 12 à 15 kilos, une tâche répétitive et fatigante pour un opérateur humain. L’idée affichée n’est pas de vider l’atelier, mais de retirer aux salariés les gestes les plus usants et de les faire travailler aux côtés du robot.
- Tâches ciblées : port de charges lourdes, manutention répétitive, postes de nuit.
- Montée en compétence : entraîné par intelligence artificielle, Calvin aurait doublé sa vitesse d’exécution en six mois.
- Objectif ergonomie : réduire la pénibilité plutôt que remplacer les équipes.
De dix robots à trois cent cinquante : un calendrier annoncé
Le 10 mars 2026, en présentant son plan industriel, Renault a détaillé sa feuille de route. Le constructeur vise une dizaine de robots d’ici la fin 2026, puis 350 unités à l’horizon fin 2027, réparties entre ses usines françaises et espagnoles. Ces chiffres restent des objectifs : ils traduisent une intention industrielle, pas un parc déjà installé.
Pour soutenir le mouvement, Renault a pris une participation minoritaire dans Wandercraft, avec un investissement de 75 millions de dollars annoncé mi-2025, assorti d’un plan de co-développement de la famille Calvin. Les partenaires prévoient de faire passer la fabrication de petites séries parisiennes à une production en plus grand volume, directement adossée aux moyens du constructeur.
Pourquoi ça compte pour la France
Au-delà de la curiosité, l’affaire touche à la souveraineté technologique. Dans une course aux humanoïdes largement dominée par les géants américains et chinois, voir une deeptech tricolore équiper un constructeur automobile européen envoie un signal fort pour la réindustrialisation et pour l’écosystème des entreprises et services industriels. Reste à confirmer, dans la durée, la fiabilité et le coût réel de ces machines en conditions d’usine, loin des vidéos de démonstration.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le robot humanoïde Calvin ?
Calvin est un robot humanoïde industriel conçu par la société française Wandercraft. Sa version Calvin-40 peut porter jusqu’à 40 kilos et travaille déjà sur la chaîne logistique de l’usine Renault de Douai.
Calvin va-t-il remplacer les ouvriers de Renault ?
Selon le constructeur, l’objectif affiché est de confier au robot les tâches les plus pénibles et répétitives, comme le port de pneus, et de le faire travailler aux côtés des opérateurs plutôt que de supprimer des postes.
Combien de robots Renault veut-il déployer ?
Renault vise une dizaine de robots d’ici fin 2026, puis 350 dans ses usines françaises et espagnoles d’ici fin 2027. Ce sont des objectifs annoncés, susceptibles d’évoluer.