Bricolage : pourquoi les Français délaissent les gros travaux pour les petits chantiers malins

Le grand chantier n’a plus la cote. Selon une étude NielsenIQ relayée début août 2026 par la presse spécialisée de la distribution, le secteur du bricolage a reculé de 3,2 % en 2025, tandis que le jardin cède 1,1 %, pour un repli global de 2,7 % sur l’ensemble de l’univers maison. Un chiffre qui masque pourtant un changement plus profond dans la façon dont les Français abordent leurs travaux.

Un marché qui recule, des habitudes qui se transforment

Avec un chiffre d’affaires de 21,8 milliards d’euros TTC pour les seules grandes surfaces de bricolage en 2025, sur un marché global qui dépasse les 39 milliards d’euros, le secteur reste massif. Mais la tendance est claire : les ménages délaissent les grosses rénovations au profit de petits travaux économiques et rapides à réaliser. Peinture, pose de papier peint, montage de meubles, installation d’étagères ou petite rénovation de cuisine et de carrelage figurent parmi les chantiers les plus fréquents, loin devant les opérations lourdes de type extension ou rénovation énergétique complète.

La peur de mal faire, premier frein des bricoleurs

Le principal obstacle n’est pas financier : c’est la confiance en soi. Près de 7 Français sur 10 hésitent encore à se lancer, par crainte de mal exécuter un projet ou par manque de compétences techniques. Cette appréhension explique en partie le recul du secteur, alors même que l’envie de bricoler reste largement partagée dans le pays.

Pour lever ce frein, les enseignes misent sur l’accompagnement : ateliers en magasin, tutoriels vidéo et applications de planification de chantier se multiplient. La digitalisation du bricolage permet désormais à un néophyte de visualiser un projet avant de se lancer, de calculer précisément les quantités de matériaux nécessaires, ou de suivre un tutoriel pas à pas directement depuis son smartphone pendant les travaux.

L’essor du commerce en ligne et de la domotique légère

Autre mutation notable : la part des ventes en ligne du secteur devrait atteindre 19 % du chiffre d’affaires total d’ici la fin de l’année 2026, contre 13,7 % en 2022. Les Français comparent davantage les prix, achètent en ligne des équipements qu’ils installent eux-mêmes, et intègrent progressivement des solutions de domotique accessible — prises connectées, éclairage programmable, capteurs simples — dans des projets pourtant modestes.

  • Priorité aux travaux courts et peu coûteux plutôt qu’aux chantiers lourds
  • Recours croissant aux tutoriels vidéo et applications de planification
  • Vigilance accrue sur l’origine et la durabilité des matériaux
  • Progression continue de l’achat en ligne d’équipements de bricolage

L’écologie s’invite dans le choix des matériaux

La dimension environnementale pèse aussi de plus en plus dans les arbitrages. Les bricoleurs se montrent plus attentifs à l'empreinte écologique de leurs travaux, qu’il s’agisse du choix des peintures, de l’origine du bois ou de la durabilité des matériaux utilisés. Ce mouvement s’inscrit dans une évolution plus large de la consommation responsable, qui touche désormais l’ensemble des projets liés à l’habitat et à la décoration intérieure.

Ce repositionnement du secteur intervient alors que le marché plus large de la rénovation du logement continue, lui, de progresser, porté notamment par les enjeux de performance énergétique — deux dynamiques qui se répondent sans se confondre.

Questions fréquentes

Pourquoi le marché du bricolage recule-t-il en France ?

Le secteur a reculé de 3,2 % en 2025 après une baisse de 6,4 % en 2024, principalement parce que les ménages arbitrent en faveur de projets plus modestes et reportent les chantiers les plus coûteux.

Quels types de travaux les Français privilégient-ils aujourd’hui ?

Les projets les plus courants restent accessibles : peinture, papier peint, montage de meubles, pose d’étagères, petite rénovation de cuisine ou de carrelage, et jardinage léger.

Le commerce en ligne change-t-il les habitudes de bricolage ?

Oui : la part des ventes en ligne du secteur devrait atteindre 19 % du chiffre d’affaires total d’ici fin 2026, contre 13,7 % en 2022, signe d’un achat plus réfléchi et comparé.

Sources

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Mylène Malandre
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