Le secteur de la bijouterie traverse une période inédite. Après avoir atteint des sommets historiques début 2026, le prix de l’or reste durablement élevé et bouleverse toute la chaîne, du fabricant au consommateur final. Un marché sous tension que les professionnels décrivent comme la crise la plus marquante depuis la pandémie.
Un début d’année 2026 hors normes
Selon les données du World Gold Council, le cours moyen trimestriel de l’or (LBMA PM) a atteint un record de 4 873 dollars l’once au premier trimestre 2026, après un pic intrajournalier dépassant 5 589 dollars fin janvier. Depuis, le métal jaune s’est replié dans une fourchette de 3 940 à 4 000 dollars l’once à la mi-2026, avant un léger rebond, autour de 4 100 dollars, porté par l’attente des chiffres de l’inflation américaine. Malgré ce recul par rapport au pic de janvier, le coût de la matière première reste environ 19 % plus élevé qu’un an plus tôt pour les fabricants de bijoux.
Moins de pièces vendues, mais plus dépensé
Cette flambée modifie en profondeur les habitudes d’achat. Toujours selon le World Gold Council, les volumes de bijoux en or vendus ont reculé d’environ 23 % sur un an, alors que les montants dépensés par les clients ont, eux, augmenté de 31 %. Autrement dit : les consommateurs achètent des pièces plus légères ou moins nombreuses, mais acceptent de payer plus cher pour chaque bijou. Les modèles composés presque exclusivement d’or — alliances unies, anneaux empilables épais — sont les plus touchés par cette contraction des ventes.
- Record trimestriel de 4 873 $/once au premier trimestre 2026 (World Gold Council)
- Coût matière première encore environ 19 % plus élevé qu’il y a un an
- Volumes de bijoux en or vendus en baisse de 23 % sur un an
- Dépenses des clients en hausse de 31 % malgré la baisse des volumes
Les bijoutiers s’adaptent
Face à cette pression sur les marges, les professionnels du secteur revoient leurs stratégies : diversification des carats et des pierres associées à l’or, verrouillage de prix d’achat à terme sur la matière première, approvisionnement direct auprès des fabricants pour limiter les intermédiaires. La presse spécialisée évoque même une possible menace pour certaines maisons de joaillerie les plus exposées à l’or pur, qui doivent désormais répercuter une partie de la hausse sur leurs étiquettes de prix.
Ce climat s’inscrit dans un contexte plus large de nervosité sur les marchés de matières premières et de finance, où l’or continue de jouer son rôle traditionnel de valeur refuge en période d’incertitude économique et géopolitique. Pour les enseignes qui vendent aussi en ligne, la question du commerce électronique et de la transparence des prix affichés devient elle aussi un enjeu commercial à part entière.
Reste à savoir si cette accalmie relative des cours, autour de 4 000 à 4 100 dollars l’once, se confirmera dans les prochains mois, ou si de nouvelles tensions géopolitiques et l’appétit persistant des banques centrales pour l’or physique relanceront la hausse.
Questions fréquentes
Pourquoi le prix de l’or a-t-il autant augmenté en 2026 ?
La hausse s’explique par un cocktail d’incertitude économique mondiale, de tensions géopolitiques et d’achats massifs d’or physique par les banques centrales, qui ont poussé le cours à un pic historique de plus de 5 589 dollars l’once fin janvier 2026 avant un repli partiel.
Les bijoux en or coûtent-ils vraiment plus cher aujourd’hui ?
Oui : même après le repli des cours depuis janvier, le coût de la matière première reste environ 19 % plus élevé qu’il y a un an, ce qui pousse mécaniquement les prix de vente des bijoux à la hausse, en particulier pour les modèles majoritairement composés d’or.
Comment les bijoutiers réagissent-ils à cette hausse ?
Ils diversifient les carats et les pierres utilisées, verrouillent des prix d’achat à terme sur l’or et se fournissent davantage directement auprès des fabricants, afin de limiter l’impact de la hausse sur leurs marges et sur les prix payés par les clients.