Déménagement en France : pourquoi près d’un projet sur deux est reporté ou abandonné

Faire ses cartons devient un vrai casse-tête budgétaire. Selon le dernier baromètre du déménagement réalisé par Nextories avec Ipsos, 44 % des Français ayant envisagé un déménagement en 2026 ont dû reporter ou abandonner leur projet. Un chiffre qui illustre combien la mobilité résidentielle, longtemps perçue comme un simple changement d’adresse, est devenue un arbitrage financier à part entière.

L’inflation, premier frein cité

Sur les 44 % de projets contrariés, 28 % ont été simplement reportés à une date plus favorable et 16 % abandonnés purement et simplement. En cause, un cocktail de facteurs économiques : 58 % des sondés citent l’inflation comme frein principal, un motif en hausse de 7 points par rapport à 2025. Viennent ensuite les prix de l’immobilier (42 %), la pénurie de logements locatifs dans certaines zones tendues (27 %), le coût même de la prestation de déménagement (21 %) et la remontée des taux de crédit (19 %).

Une carte de France qui se redessine

Au-delà des chiffres nationaux, l’étude dessine une nouvelle géographie de la mobilité. Les départs depuis Paris, qui avaient explosé pendant et après la crise sanitaire, ont chuté de 41 % entre 2022 et 2025 : l’exode parisien s’essouffle. À l’inverse, les Bouches-du-Rhône enregistrent une hausse de 60 % des arrivées sur la même période. Autre évolution notable : le climat entre désormais dans l’équation. 68 % des Français interrogés disent tenir compte du risque d’inondation et 57 % du risque d’incendie au moment de choisir leur nouvelle adresse.

Les déménageurs professionnels sous pression

Le secteur lui-même encaisse le choc. La France comptait encore environ 1 219 entreprises de déménagement et 10 241 salariés en 2025, un effectif en recul. Interrogés dans le cadre du même baromètre, 65,2 % des professionnels pointent la flambée du prix des matières premières — carburant, cartons, matériel d'emballage — comme leur principale difficulté. Résultat : 46,4 % des entreprises ont dû revoir leur stratégie, en lançant de nouveaux services, en repositionnant leurs tarifs ou en diversifiant leur activité pour amortir le choc.

Des ménages qui arbitrent au plus juste

Face à la facture, les Français rationalisent. Près des trois quarts des déménagements (73 %) se limitent désormais à une simple prestation de transport, sans emballage ni services annexes, chacun se chargeant de ses cartons pour limiter les coûts. Du côté des étudiants, la tendance est au garde-meuble plutôt qu’au déménagement complet à chaque rentrée, une solution plus souple pour des baux souvent courts. Quelques coups de pouce existent malgré tout : sous conditions de ressources, certaines aides au logement peuvent couvrir une partie des frais liés à un changement de résidence.

Quel impact sur le marché de l’immobilier ?

Cette prudence budgétaire n’est pas sans conséquence sur le marché plus large de l’immobilier. Un projet de déménagement repoussé, c’est souvent une vente ou une location qui attend, avec un effet en cascade sur les professionnels du secteur. Les ménages qui empruntent pour financer leur nouveau logement scrutent aussi de près l’évolution des taux, un sujet suivi par les spécialistes de la banque et du crédit.

Questions fréquentes

Pourquoi le déménagement coûte-t-il de plus en plus cher ?

La hausse du prix des matières premières (carburant, cartons, matériel) et une forte concentration des demandes entre mi-juillet et mi-septembre font grimper les tarifs des professionnels, répercutés sur les ménages.

Comment limiter le coût d’un déménagement ?

Privilégier une date en semaine hors période estivale, opter pour une formule transport seul en gérant soi-même les cartons, comparer plusieurs devis et se renseigner sur les aides existantes permettent de réduire sensiblement la facture.

Le climat influence-t-il vraiment le choix d’un nouveau logement ?

Oui : selon le baromètre Nextories-Ipsos 2026, une majorité de Français prend désormais en compte les risques d’inondation et d’incendie avant de choisir leur future adresse, un critère quasiment absent des arbitrages il y a encore quelques années.

Sources

Monimmeuble.comBaromètre Nextories 2026Moverz.fr, chiffres clés

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Fabrice
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