Longtemps cantonnée aux cercles de nutritionnistes, une approche alimentaire refait parler d’elle cet été chez les chercheurs en neurologie. Le régime MIND, conçu pour préserver la santé du cerveau, s’impose progressivement comme une piste sérieuse pour retarder le déclin cognitif et réduire le risque de démence, selon plusieurs travaux récents.
Qu’est-ce que le régime MIND ?
Mis au point en 2015 par la chercheuse américaine Martha Clare Morris et son équipe de l’université Rush, à Chicago, le régime MIND (Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay) combine les principes du régime méditerranéen et du régime DASH, habituellement recommandé contre l’hypertension. Sa spécificité : cibler en priorité les aliments dont l’effet protecteur sur le cerveau est le mieux documenté.
Concrètement, il repose sur dix familles d’aliments à privilégier — légumes à feuilles vertes, autres légumes, baies, fruits à coque, huile d’olive, céréales complètes, poisson, volaille, légumineuses et un verre de vin occasionnel — et cinq catégories à limiter : viande rouge, beurre et margarine, fromages, pâtisseries et sucreries, ainsi que fritures et fast-food.
Des résultats qui interpellent les chercheurs
C’est la solidité des données observationnelles qui retient l’attention. Une étude de référence menée sur plus de 900 personnes âgées, régulièrement citée par les spécialistes, montre qu’une adhésion modérée au régime MIND est associée à une réduction de 35 % du risque de développer la maladie d’Alzheimer, et jusqu’à 53 % pour les participants qui le suivent le plus scrupuleusement. Autre enseignement : plus l’alimentation se rapproche du modèle MIND sur la durée, plus le risque de démence diminue, avec une baisse pouvant atteindre 25 % chez les personnes les plus assidues sur dix ans.
Ces résultats ont été rappelés en avril dernier lors du congrès annuel de l’Académie américaine de neurologie, à l’occasion d’une nouvelle étude portant sur plus de 1 500 participants âgés en moyenne de 80 ans. Les chercheurs s’y sont notamment penchés sur le rôle des fibres alimentaires, l’un des points communs à plusieurs composantes du régime MIND, dans la prévention du déclin cognitif.
Un mécanisme encore à l’étude
Pourquoi une simple assiette influencerait-elle à ce point la trajectoire du cerveau ? Les chercheurs avancent plusieurs pistes complémentaires. D’abord, les nutriments antioxydants et anti-inflammatoires abondants dans les légumes verts, les baies et l’huile d’olive limiteraient le stress oxydatif associé au vieillissement neuronal. Ensuite, les fibres alimentaires nourrissent un microbiote intestinal en meilleure santé, ce qui influencerait le cerveau via l’axe intestin-cerveau, un réseau de communication de mieux en mieux caractérisé par la recherche. Rien n’indique cependant qu’un aliment isolé suffise : c’est la cohérence du régime global, maintenu dans la durée, qui semble faire la différence.
- Une adhésion modérée au régime MIND : -35 % de risque de développer Alzheimer
- Une adhésion élevée et soutenue : jusqu’à -53 % de risque
- Sur dix ans, une baisse du risque de démence pouvant atteindre 25 %
- Dix familles d’aliments à privilégier, cinq à limiter
Une piste de prévention accessible, pas un traitement
Les spécialistes insistent sur un point : le régime MIND n’est ni un remède ni une garantie individuelle, mais un facteur de risque parmi d’autres, aux côtés de l’activité physique, du sommeil ou de la stimulation cognitive. Son principal atout reste son accessibilité : contrairement à des régimes plus contraignants, il ne demande pas d’éliminer des groupes entiers d’aliments, mais d’ajuster progressivement les proportions de l’assiette. De quoi en faire, selon plusieurs nutritionnistes, une porte d’entrée réaliste vers une alimentation favorable au cerveau, sans bouleversement radical des habitudes.
Questions fréquentes
Le régime MIND est-il difficile à suivre au quotidien ?
Non : il ne repose pas sur des interdits stricts mais sur un rééquilibrage progressif, en augmentant la part des légumes verts, des fruits à coque et du poisson, tout en réduisant la fréquence des viandes rouges et des sucreries.
Le régime MIND peut-il remplacer un suivi médical en cas de troubles de la mémoire ?
Non. Il s’agit d’une piste de prévention étudiée par la recherche, pas d’un traitement. Toute inquiétude concernant la mémoire ou les fonctions cognitives doit faire l’objet d’un avis médical.
À partir de quel âge peut-on adopter le régime MIND ?
Les études portent surtout sur des personnes âgées, mais les principes du régime MIND, proches d’une alimentation méditerranéenne équilibrée, peuvent être adoptés à tout âge dans une logique de prévention à long terme.
Pour aller plus loin sur l’alimentation et le bien-être au quotidien, retrouvez nos rubriques Nutrition, Régime & Minceur, Santé & Médecine et Forme & Bien-être.
Sources
- Alzheimer Recherche — Bienfaits du régime alimentaire MIND sur la santé cérébrale
- 24 Matins — Démence : ce régime alimentaire ressort nettement du lot
- Radio-Canada — Alzheimer : le régime MIND préserverait la résilience cognitive
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale